Avant de choisir un groupe de ventilation, il convient de répondre à deux questions concrètes : combien consomme-t-il par an et de quoi dépend cette consommation ? La réponse ne se trouve pas dans la puissance annoncée de l’équipement, mais dans son fonctionnement tout au long de l’année et dans la manière dont le débit est piloté. Cet article la détaille par système, sur des valeurs certifiées, et présente les leviers pour la réduire.
Table des matières
La consommation électrique d’une VMC est une donnée aux conséquences directes pour le prescripteur : elle pèse comme auxiliaire dans le Cep de la RE2020 et conditionne le choix du groupe de ventilation. L’évaluer correctement exige de partir de la puissance pondérée du ventilateur, et non de sa valeur nominale. Cet article explique comment elle se calcule, compare les systèmes à partir des W-Th-C certifiés et détaille les leviers qui permettent de la réduire.
Comment se calcule la consommation d’une VMC
Une VMC est conçue pour assurer une ventilation générale et permanente du logement, conformément à l’arrêté du 24 mars 1982. Sur cette base de fonctionnement continu, la consommation annuelle du ventilateur s’obtient par une formule simple :
Consommation (kWh/an) = Puissance absorbée (W) × 24 × 365 / 1000
Toute la difficulté réside dans la puissance à introduire dans la formule : la puissance nominale d’un équipement ancien conduit à des consommations plusieurs fois supérieures à celles d’un groupe actuel. La donnée de référence pour le prescripteur est la puissance électrique pondérée W-Th-C — la puissance que consomme le ventilateur dans des conditions normalisées, certifiée, qui permet de comparer les groupes sur une base homogène —, mesurée dans le cadre QB37 / Avis Technique sur une configuration de référence (T4, 2 sanitaires) : c’est la métrique qu’utilise la méthodologie des fiches CEE (Source : Catalogue Général S&P 2026-2027).
Comparatif de consommation par système
En appliquant la formule aux W-Th-C certifiés de la gamme actuelle, les consommations réelles du ventilateur se situent bien en deçà des valeurs habituelles du marché :
| Système | Groupe de référence | Motorisation | W-Th-C certifié* | Consommation dérivée (kWh/an) |
|---|---|---|---|---|
| Simple flux autoréglable | DECO 2 | AC | à partir de 17,8 | ≈ 156 |
| Autoréglable avec détection d’humidité | OCTEO AUTO DHU | AC | à partir de 17 | ≈ 149 |
| Simple flux hygroréglable (hygro B) | OCTEO HYGRO ST | AC | 18,1 | ≈ 159 |
| Simple flux hygroréglable EC (hygro B) | OCTEO HYGRO ECOWATT 2+ | EC | 9,6 | ≈ 84 |
| Double flux | DOMEO EVO 225 | EC | à partir de 16,1 | ≈ 141 |
* QB37 T4 2 sanitaires ou « à partir de » selon la fiche catalogue. (Source : Guide Pratique Ventilation S&P 2026.)
À titre de comparaison, la méthodologie des fiches CEE retient comme référence 65 W-Th-C pour une VMC autoréglable ancienne, soit environ 569 kWh/an : le parc encore en service consomme plusieurs fois plus que les groupes actuels certifiés. L’étiquette énergétique reflète le même écart : la classe passe de C sur un groupe hygro AC à B sur son équivalent à moteur EC (Source : Guide Pratique Ventilation S&P 2026).
Deux lectures pour le prescripteur. Première : entre une autoréglable et une hygroréglable de même motorisation, la consommation du ventilateur varie à peine ; l’économie de l’hygro se situe sur le chauffage, car elle réduit le volume d’air renouvelé (taux de renouvellement de 0,52 à 0,25).
Sur la configuration de référence de la méthodologie CEE (zone climatique H2, maison de 111 m²), cette économie atteint 1 294 kWh/an avec un chauffage électrique et 1 793 kWh/an avec du gaz (Source : Catalogue Général S&P 2026-2027, méthodologie fiches CEE).
Seconde : la double flux consomme plus d’électricité qu’une simple flux équivalente (deux ventilateurs), mais son échangeur récupère l’énergie de l’air extrait pour préchauffer l’air neuf, comme le décrit l’ADEME dans son guide de choix du système de ventilation. Avec des rendements thermiques de l’échangeur atteignant couramment 90 % sur les modèles à hautes performances, un système bien conçu permet une économie de chauffage de l’ordre de 15 à 25 % par rapport à une simple flux autoréglable (Source : Manuel technique pour installateurs S&P). Le bon critère de comparaison est le bilan électricité + chauffage du projet, et non la consommation électrique isolée.
La consommation des auxiliaires dans le Cep RE2020
En construction neuve, la consommation des ventilateurs est comptabilisée comme auxiliaire dans le Cep (consommation d’énergie primaire) de la RE2020, l’indicateur dont les exigences et la méthode de calcul sont fixées par l’arrêté du 4 août 2021 : un groupe à motorisation AC standard pénalise directement le calcul réglementaire du projet. Ce n’est pas un hasard si les gammes marquées comme compatibles RE2020 dans le catalogue sont celles à moteur EC, tandis que les versions AC ne le sont pas (Source : Guide Pratique Ventilation S&P 2026).
Le cadre complet de conformité — courbes de rendement, Avis Techniques révisés, protocole de réception — est détaillé dans notre article sur les exigences de ventilation de la RE2020.
Leviers d’optimisation : motorisation EC, pilotage hygro, étanchéité du réseau
Motorisation EC. C’est le levier qui réduit le plus la consommation du ventilateur : à système hygro B équivalent, passer d’un groupe AC (18,1 W-Th-C) à un groupe EC (9,6 W-Th-C) divise pratiquement par deux la consommation certifiée, avec des valeurs de gamme à partir de 5,8 W-Th-C (Source : Guide Pratique Ventilation S&P 2026). Le fonctionnement de cette technologie est développé dans notre article sur la motorisation EC.
Pilotage hygroréglable. En modulant le débit selon l’humidité réelle, il agit sur le plus élevé des deux postes de consommation : le chauffage associé au renouvellement d’air, avec les économies quantifiées plus haut. En rénovation, le potentiel est considérable : une bonne part du parc installé reste autoréglable.
Étanchéité et conception du réseau. Les fuites, les coudes inutiles et les conduits sous-dimensionnés augmentent les pertes de charge et déplacent le point de fonctionnement du ventilateur, avec la surconsommation correspondante.
Pour le prescripteur, la combinaison moteur EC (réduit le ventilateur), pilotage hygro (réduit le chauffage) et réseau bien conçu est la voie la plus directe pour alléger le poids des auxiliaires dans le Cep sans compromettre les débits réglementaires. Toutefois, l’équilibre optimal entre ces leviers dépend de chaque projet : typologie du bâtiment, longueur du réseau et objectif réglementaire. Pour dimensionner l’installation sur des données réelles, notre équipe technique accompagne votre projet et valide la solution.
FAQ
Non. Un groupe de VMC actuel consomme peu d’électricité : son coût annuel se compte en dizaines d’euros, pas en centaines. Les consommations élevées correspondent en général à des équipements anciens ; les valeurs certifiées par modèle sont reprises dans le tableau comparatif de cet article.
Non. La réglementation française impose une aération générale et permanente du logement, et la VMC est conçue pour fonctionner en continu. L’économie réalisée en la coupant serait minime, tandis qu’interrompre le renouvellement de l’air accumule humidité et polluants, avec un risque de condensations et de moisissures.
Principalement les certificats d’économies d’énergie (CEE) : la VMC hygroréglable de type B en rénovation peut bénéficier de la fiche BAR-TH-127, sans condition de ressources, et les double flux certifiées NF VMC sont également éligibles. Certains modèles de double flux accèdent en outre à MaPrimeRénov’ (Source : Catalogue Général S&P 2026-2027 et Manuel technique pour installateurs).