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Les composés organiques volatils (COV), le formaldéhyde et les particules fines constituent les principaux agents polluants invisibles présents dans les espaces clos. C’est pourquoi leur identification et leur élimination par des systèmes de ventilation adaptés sont essentielles. Elles garantissent la qualité de l’air intérieur (QAI) et la conformité réglementaire. Cet article propose un guide technique sur leurs origines, leurs effets sur la santé, les valeurs limites et le rôle central de la ventilation avec filtration.
Les principaux polluants de l’air intérieur, identification et sources
COV et formaldéhyde, origines et caractéristiques
Les composés organiques volatils (COV) sont des substances chimiques qui s’évaporent à température ambiante. Parmi ces derniers, le formaldéhyde mérite une attention particulière en raison de sa prévalence dans les environnements intérieurs, et de sa classification comme cancérogène avéré à l’échelon international et européen.
Cette substance se trouve principalement dans les matériaux de construction (panneaux d’aggloméré, contreplaqué), les revêtements de sols, les colles, vernis et résines, le mobilier et les produits d’entretien. Les émissions sont nettement plus importantes durant le premier mois suivant l’installation de nouveaux matériaux, ce qui fait du formaldéhyde un excellent indicateur des polluants d’origine intérieure.
Le benzène, également classé cancérogène, provient principalement du trafic routier extérieur qui pénètre dans le bâtiment. Toutefois, la combustion interne (cheminées, bougies, encens) et certains matériaux de bricolage en produisent aussi. Par conséquent, les professionnels le considèrent comme un marqueur de pollution d’origine extérieure.
Particules fines PM2,5 et PM10, sources intérieures et extérieures
Les particules fines sont classées selon leur diamètre aérodynamique: PM10 (inférieures à 10 µm), PM2,5 (inférieures à 2,5 µm) et PM1 (inférieures à 1 µm). Le corps humain dispose de défenses naturelles efficaces contre les particules de plus de 10 µm, mais en dessous de ce seuil, les filtres à air constituent la seule barrière efficace. Plus la particule est petite, plus elle est dangereuse, car elle pénètre profondément jusqu’aux alvéoles pulmonaires.
À l’intérieur, ces particules proviennent de la combustion (tabac, cuisson, chauffage), des activités de ménage et de l’usure des matériaux. Depuis l’extérieur, le trafic routier, les activités industrielles et le pollen pénètrent par les entrées d’air et les fenêtres.
Le dioxyde de carbone (CO2) mérite une mention particulière : bien qu’il ne soit pas toxique à des niveaux habituels, il constitue l’indicateur de référence du confinement et permet d’évaluer l’efficacité du système de ventilation.
Impacts sur la santé et valeurs limites réglementaires
L’exposition à ces polluants provoque des effets allant de l’irritation des yeux et de la gorge à des pathologies plus graves. Le benzène et le formaldéhyde sont classés cancérogènes à l’échelon européen, tandis que les PM2,5 pénètrent dans les alvéoles pulmonaires et augmentent le risque de cancer et de maladies cardiovasculaires. Santé Publique France estime que l’exposition aux PM2,5 représente une perte moyenne de près de 8 mois d’espérance de vie pour les personnes de plus de 30 ans.
De plus, l’élévation des concentrations de CO₂ est scientifiquement associée à une diminution des performances cognitives. Cet aspect concerne tout particulièrement le secteur tertiaire et scolaire.
En France, le Décret n° 2022-1690 du 27 décembre 2022 fixe des valeurs de référence pour la qualité de l’air intérieur dans les ERP : pour le formaldéhyde, un seuil d’investigation à partir de 30 µg/m³ et un seuil d’alerte au-delà de 100 µg/m³ ; pour le benzène, une concentration supérieure à 10 µg/m³ justifie déjà une investigation complémentaire ; et, pour le CO₂, un indice ICONE supérieur à 2,5 signale un problème d’aération, tandis qu’un ICONE de 5 correspond à un confinement très fort nécessitant d’agir rapidement sur la ventilation.

Le rôle de la ventilation dans l’élimination des polluants
Renouvellement de l’air et dilution des polluants
La ventilation mécanique contrôlée (VMC) constitue la solution technique centrale pour maintenir une qualité de l’air intérieur optimale. Son principe fondamental consiste à diluer les polluants par l’introduction d’air neuf et l’extraction de l’air vicié.
L’air doit circuler correctement depuis les pièces de vie (chambres, séjour) vers les pièces humides (cuisine, salle de bains, WC). Pour garantir ce balayage, un détalonnage minimal de 1 cm sous les portes est nécessaire. Depuis 2022, la RE2020 impose de vérifier les systèmes de ventilation en fin de chantier, car une installation défectueuse (conduits écrasés, fuites) ne ventile pas correctement et accumule les polluants.
Filtration, classes de filtres et efficacité
La VMC double flux avec filtration apporte un avantage décisif: Elle filtre l’air entrant avant de l’insuffler dans les pièces. Ainsi, elle protège les occupants contre les particules fines, le pollen et les polluants extérieurs. Cette caractéristique est particulièrement importante lorsque le bâtiment est situé à proximité de voies de circulation ou de zones industrielles.
La norme NF EN ISO 16890 classe les filtres selon leur efficacité : les filtres ISO ePM10 retiennent le pollen et les poussières ; les filtres ePM2,5 captent les bactéries et moisissures ; et les filtres F7 (ePM1 > 50 %) offrent la protection la plus élevée, retenant virus, nanoparticules et particules ultrafines.
Pour maintenir cette efficacité, la maintenance est essentielle: Nous recommandons de nettoyer les filtres tous les 6 mois et de les remplacer au moins une fois par an. Un filtre encrassé réduit le débit de ventilation et compromet la qualité de l’air, annulant les bénéfices du système.
FAQ
Pourquoi le CO2 est-il un indicateur clé alors qu’il n’est pas toxique ? Le CO2 témoigne du niveau de confinement de l’air et de l’efficacité du système de ventilation. De plus, son élévation est scientifiquement associée à une diminution des performances cognitives, ce qui est particulièrement important dans les environnements scolaires et de travail.
Quel avantage offre la VMC double flux par rapport au simple flux ? La VMC double flux peut intégrer des filtres sur le circuit d’air entrant, avec des options allant du G4 au F7 (ePM1 > 50 %) selon le modèle choisi. Pour une protection optimale contre les particules fines, le pollen et les polluants extérieurs, privilégiez les configurations avec filtration F7, garantissant ainsi une meilleure qualité de l’air intérieur.
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